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Historia n°813 – 2014

La Gabare : maison de cognac Jean- Grosperrin

Avec la vente, en 1987, de sa dernière maison de cognac, celle des Rouyer-Guillet, Saintes se retrouve orpheline d’une partie de son histoire et de son identité. Et c’est de Lorraine que surgit le sauveur, non pas une Jeanne, mais un Jean: Jean Grosperrin, qui, refusant de s’installer à Cognac — un repaire d’Anglais! — crée en 1992, dans les anciens chais Martineau, l’unique maison de cognac de Saintes. Courtier de campagne, ce fin limier débusque au fond des caves et des chais de la Grande ou de la Petite Champagne, des Fins et autres Petits Bois, des trésors cachés depuis des décennies par d’anciens producteurs ou négociants. Des cognacs dits «hors d’âge», non pas de six ans et demi comme l’autorise la législation, mais de plus cinquante ans, jamais touchés, ni coupés, ni augmentés de sucre, de caramel et autres adjuvants — que ce puriste refuse énergiquement. Reprise par son fils, Guilhem, La Gabare file aujourd’hui ses 42 degrés! Ce jeune homme, tombé dès l’enfance dans une barrique de cognac, y a puisé le secret de sa réussite : la passion de l’élevage et de la collection d’eaux-de- vie uniques, commercialisées dans la boutique, en compagnie de cognacs millésimés, tous issus de réduction naturelle et «chinés» dans toute la Charente. «L’Histoire, dit-il, ne fait pas forcément la qualité», mais la qualité se nourrit d’Histoire.

LE MUSÉE DUPUY-MESTREAU

Nous sommes certes au pays des charentaises, mais comment diable les dernières pantoufles de Louis XVI ont-elles atterri à Saintes ? Réponse dans cet incroyable musée, créé à la fin du XIX° siècle par un riche négociant en cognac, Abel Mestreau, qui a réuni dans le très bel hôtel du XVIIF siècle de la famille de Monconseil, une collection de tout ce que la région a produit de curieux, d’exotique, de rare, de précieux ou de banalement quotidien. Décors peints du château de Tonnay-Charente, où naquit Mme de Montespan, peignes en écaille de tortue réalisés par des bagnards, faïences, coiffes, costumes, tableaux, mobilier, bijoux — soit un extraordinaire fourre-tout dominé par une seule logique : l’amour du passé saintongeais !